01.10.2007

Les Identitaires : Qui sont-ils ? Que font-ils ?

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(source : http://synthesenationale.hautetfort.com)

Ce document, paru dans la revue Synthèse Nationale (N°4 - Eté 2007), comprend une interview de Fabrice Robert ainsi qu’un article de Chantal Spieler intitulé “Les Identitaires : Qui sont-ils ? Que font-ils ?”.

Portrait d’un identitaire : Fabrice Robert, Président du Bloc Identitaire

Agé de 35 ans, Fabrice Robert est titulaire d’une maîtrise d’histoire et de sciences politiques, diplômé de 3ème cycle dans le domaine de l’information stratégique. Consultant multimédia, il anime également la revue ID magazine tout en étant l’un des fondateurs de l’agence de presse Novopress.info.
Son engagement en politique commence dès l’âge de 16 ans. Il milite alors au FN avant de se tourner vers les mouvements Troisième Voie et Nouvelle Résistance avant de rejoindre le MNR, puis de créer en 2003 le Bloc Identitaire dont il est le Président.
Nous lui avons posé quelques questions auxquelles il nous a fait l’amitié de répondre :

Synthèse Nationale : Comment définissez-vous le terme « identitaire » ?

Fabrice Robert : L’identité c’est à la fois ce qui fait que des hommes se ressemblent (et donc selon la loi naturelle indéniable se rassemblent) et ce qui différencie un homme d’un autre, un peuple d’un autre.
Les Identitaires sont ceux qui considèrent que la préservation des identités face au rouleau compresseur mondial est une mission historique. Nous voulons ainsi lever l’étendard de l’identité face à l’uniformité.
L’engagement identitaire naît de l’enracinement et donc de l’idée que nous sommes le fruit d’une terre et d’un lignage, le maillon d’une chaîne.
Être identitaire n’est pas un dogme ni une idéologie, mais tout au contraire un principe se fondant sur le réel, sur ce qu’on est.

SN : Pouvez-vous nous donner votre analyse sur les résultats des législatives, avec les scores réalisés à Nice par Nissa Rebela et les causes de l’échec du FN ?

FR : A Nice, avec une moyenne de 2,5% pour les législatives et un score de 4% à la cantonale partielle (débat plus clair puisqu’il y avait moins de candidatures fantaisistes ou alimentaires) les Identitaires rassemblent 4 000 électeurs. Un succès pour une première et qui vient couronner un véritable travail d’implantation locale. Nous allons donc continuer à travailler dans ce sens sachant que les élections restent un moyen supplémentaire - au service de nos idées - et non pas une fin en soi.
L’échec du FN, c’est en tout premier lieu la réussite de Sarkozy. Ce dernier a réussi à tenir un discours offensif sur des questions importantes pour les Français (insécurité, immigration, identité nationale, etc.) tandis que le FN semblait vouloir se recentrer et apparaître avec des positions plus « politiquement correctes » (discours de Valmy, déplacement à Argenteuil). Beaucoup d’idées du FN ont été récupérées par Sarkozy mais le FN a fait l’erreur de ménager son principal adversaire.
L’électorat s’est donc tourné vers celui qui avait plus de chances d’arriver au pouvoir avec le sentiment que, finalement, « c’est déjà ça ».

SN : Quelles sont les perspectives des identitaires dans le combat politique ?

FR : Nous voulons continuer à développer une communauté militante pesant de plus en plus sur la vie politique française à travers divers axes explorés depuis près de 4 ans : combat culturel, élections, activisme et happenings, formation de la jeunesse, lobbying, action sociale de terrain, imprégnation des esprits.
Mais nous tenons aussi à renforcer les liens avec ceux (mouvements ou individualités) pour qui la préservation de nos identités historiques et charnelles (local, national, civilisationnel) est une priorité.

SN : Julien Freund disait qu’il est indispensable de désigner l’ennemi principal. Qui est-il selon vous ?

FR : L’idéologie du même, celle pour qui l’égalité ou l’uniformité sont le paradis sur terre. Plusieurs noms : le mondialisme (y compris sa variante « alter »), le jacobinisme ou encore le capitalisme globalisé.

Les Identitaires : Qui sont-ils ? Que font-ils ?

 

Le Bloc Identitaire, fondé en 2003 rassemble des militants aux parcours politiques divers mais qui partagent tous le même rejet du système dominant.
Ils ne se reconnaissent plus dans ce qu’il est convenu d’appeler la droite nationale et veulent instaurer un nouvel espace politique incarné par une droite identitaire, sociale et européenne.
Les résistants identitaires n’entendent pas se contenter de fédérer le front grandissant des mécontents, mais bel et bien de construire un projet alternatif à celui qui domine aujourd’hui, à savoir le mythe du progrès continu de l’humanité, la menace de l’impérialisme marchand ou religieux.

Ces militants (beaucoup de jeunes dans leurs rangs et qui ont leur propre mouvement, les jeunesses identitaires,) croient à la noblesse de l’engagement au service du bien commun. Leur but :
- Réconcilier l’identité charnelle (régionale), nationale (historique) et européenne (civilisationnelle) face aux impérialismes contemporains, pour promouvoir cette vision qu’ils ont de l’homme enraciné dans ses communautés naturelles et historiques.
- S’engager dans l’action sociale en voulant aider les nôtres avant les autres et lutter ainsi contre le mouvement globalisant de la marchandisation du monde.
- Promouvoir la constitution d’une Europe politique, seule capable d’apporter à un monde déboussolé la stabilité et la paix qui lui font défaut.

Ils sont présents partout où le combat l’impose : parmi les jeunes travailleurs, dans les lycées et facultés, dans la vie associative, dans les concerts et dans les rues. Et pour défendre cette conception identitaire, les actions sont nombreuses : le développement de la vie associative dans les domaines les plus divers (social, environnement, culture, solidarité), s’imposer comme une centrale d’agitation en organisant des actions de lobbying, s’atteler à la mise en place d’une stratégie d’implantation en vue des échéances électorales, ou encore favoriser l’action métapolitique pour ceux que le militantisme classique n’attire pas et qui permet de créer des courants d’opinion favorables au combat mené par les mouvements politiques enracinés.

L’action, fer de lance du projet identitaire

Les identitaires ont lancé, durant l’hiver 2003-2004, la fameuse soupe populaire pour nos sans-abri européens, initiative vite décriée et attaquée par les nantis du système au prétexte que cette soupe contient du porc et qu’elle est de facto discriminatoire. Pas impressionnés pour deux sous par les méthodes d’intimidation policières, Paris, Strasbourg, Nice et d’autres villes encore continuent sans relâche, chaque hiver, à faire ouvre de solidarité envers les nôtres, trop souvent oubliés ou négligés par les associations caritatives officielles.
La solidarité européenne est aussi au coeur de l’action des identitaires : chaque hiver, les jeunesses identitaires organisent des convois de vivres et de vêtements (solidarité Kosovo)qui sont distribués aux serbes du Kosovo, tragiquement pourchassés en raison de leur ethnie et de leur religion par les musulmans.

Les campagnes de lobbying participent aussi à ces petites victoires qui, sur le terrain, sensibilisent l’opinion pour dénoncer la mainmise d’une idéologie destructrice qui vise notre peuple :
- C’est ainsi que le Bloc Identitaire a réussi à faire annuler plusieurs concerts du groupe rap Sniper dont certaines chansons constituent un appel à la haine contre les blancs, la république et la police.
- Mobilisation également contre le projet d’intrusion de la Turquie en Europe en organisant des manifestations devant les consulats de Turquie à Lyon, Marseille et Paris.
- Manifestations contre le mariage illégal homosexuel organisé par le maire de Bègles, manifestation devant le siège de Pink TV, le jour de l’inauguration pour protester contre la promotion et l’idéalisation sociale du monde gay.
- Campagne de sensibilisation pour contrebalancer la propagande du comité de soutien de Cesare Battisti.

Ces quelques exemples nous donnent un aperçu de la détermination de nos amis identitaires, réactifs à chaque fois que notre identité est menacée, et comme ces menaces sont hélas récurrentes et qu’ils ne veulent rien laisser passer, ils occupent le terrain en permanence.
Leur crédo, Hic et nunc. Ici et maintenant. Avec un objectif très simple : reconquérir notre territoire et nos libertés.

Chantal SPIELER