
L’expression est de Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement français, qui l’a utilisée à l’occasion d’une réunion bruxelloise de la Fondation Robert Schuman. Certes, dans sa bouche, il ne s’agit pas d’encan (comme me le suggère mon clavier), mais bien de promotion !
Une opération délicate, actuellement, pour l’Europe. Pour ne pas dire cruciale… Du point de vue économique et commercial, tout d’abord. L’Union européenne a, en effet, demandé jeudi que l’ouverture de ses marchés à ses partenaires commerciaux se traduise par des bénéfices réciproques. On pourrait sans doute expliquer la chose aux Chinois, qui n’ont de cesse de se plaindre des relations commerciales qu’ils entretiennent avec nous, alors même qu’ils nous inondent de leurs produits dont un certain nombre doivent être retirés de la circulation du fait de leur qualité médiocre…
Malheureusement pour Bruxelles, il reste encore – et d’abord – à vendre l’Europe aux européens. On s’y essaye, ces jours-ci, à Copenhague, où le gouvernement danois vient d’annoncer son souhait d’organiser un référendum sur la monnaie unique, sept ans après le cinglant échec du premier essai.
Pour les institutions européennes, on peut toujours, semble-t-il, revenir sur un refus. Mais pas sur une acceptation. Il ne semble pas que la France envisage d’interroger les Français sur la monnaie unique !
Ce serait pourtant instructif…
Laurent Wauquiez paraît, en tout cas, persuadé de la délicatesse de l’arrière-plan populaire français. Il n’a pas hésité à affirmer à ses interlocuteurs que « ce serait une erreur fatale de penser qu’après cette petite sortie de route [à savoir le non français au référendum], on est reparti en cinquième vitesse sur l’autoroute européenne ». Pourquoi ? Parce que le nouveau traité « ne règle aucun des problèmes soulevés par le référendum ».
Comment ? Le traité si ardemment voulu par le président Sarkozy – et avec l’acharnement que l’on sait ! – ne règle aucun des problèmes que le candidat Sarkozy s’était pourtant engagé à régler ? Pas possible !
Un exemple très net nous en a été donné, ce même jeudi, à Istanbul, ou le chef de la diplomatie italienne, Massimo D’Alema, s’es est allé, la bouche en cœur, déclarer : « L’Europe doit confirmer son ouverture et la Turquie doit devenir membre à part entière de l’Union européenne. » Point à la ligne…
Une démarche confirmée par Bruxelles qui, mardi, espérait grandement que deux nouveaux chapitres des négociations d’adhésions pourraient être entamés dès le mois prochain.
Ce n’est pas que l’Europe de Sarkozy ne règle aucun des problèmes posés par le référendum français – sans oublier celui de nos voisins néerlandais. C’est que, dans une manœuvre à 180°, les autorités françaises suppriment le problème. Laurent Wauquiez le dit même avec un certain cynisme : « La France a rendu un grand service en votant non », car cela « a créé un électrochoc ».
Et il promet dans la foulée que la présidence française de l’Union, au deuxième semestre 2008, sera un peu festive. A l’exemple du dernier 14 Juillet : « Rien n’a fait plus de bien en France que le 14 Juillet qu’on a eu, avec l’image de toutes les armées européennes qui défilaient sur les Champs-Elysées. »
On ne peut tout de même pas demander à quelqu’un qui s’intéresse si peu à l’identité de la France d’en respecter la langue…
D’ailleurs Massimo D’Alema a bien souligné cette situation à Istanbul, en expliquant la difficulté, pour intégrer l’Union, de conserver une loi qui réprime « les insultes à l’identité nationale » !
OLIVIER FIGUERAS
(Source: www.present.fr)



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