
Par Pierre GRAILLARD (http://les-identitaires.com)
Le hasard a voulu que je sois le premier à rédiger un édito pour cette année 2008, mais je n’ai vraiment pas envie de tomber dans les “vœux du président”. Je n’ai pas non plus envie de verser dans le convenu ou l’utopique avec des “c’est pour cette année” ou “on voit le bout du tunnel”…
Car les fêtes de fin d’année constituent une sorte de formatage géant pour notre peuple. Comme si les petits cadeaux, les grosses bouffes, les soirées arrosées réalisaient un énorme “reset” national. Les soucis du quotidien sont oubliés, les grands problèmes sont déjà loin, on oublie et on passe à autre chose… Coup d’éponge sur 2007, vive 2008 ! Pourvu qu’on gagne un peu plus d’argent en 2008, qu’on ait la santé (c’est important la santé) et puis quoi… gagner l’Euro 2008 ? ramener des médailles des JO de Pékin? Ça serait du bonus… et ça ferait des super souvenirs pour la rétrospective sportive 2008 entre deux tranches de foie gras.
Bien sûr, je ne m’exclue pas du groupe. J’ai, comme beaucoup, largement profité de ces fêtes de fin d’année, en famille, en avalant des tonnes de bouffe, en oubliant moi aussi mes petits problèmes. Certes, autour d’une table, au cours d’une discussion j’ai fait “un peu de politique”, j’ai évoqué mes camarades qui sont au Kosovo par exemple. Difficile à concevoir pour la plupart des convives pour qui “humanitaire” rime désormais avec “Arche de Zoé”. Disons que, dans le torrent de bonne humeur généralisée, j’ai essayé de garder les pieds sur terre.
L’avenir des Jeunesses Identitaires s’est assombri suite à cette décision de justice qui n’en a que le nom. Qu’importe pourtant. Les devoirs du militant identitaire sont simples : éveiller et rassembler. Éveiller notre peuple, malgré les lavages de cerveaux permanents, malgré les formatages, malgré l’abondance de l’information, visant à ne plus permettre de distinguer ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Éveiller sa conscience identitaire, réveiller son bon sens, aiguiser sa réflexion, le libérer de ses œillères. Le rendre libre finalement, l’extraire de cette matrice.
“Ensemble, tout devient possible”, c’est là une chose bien vraie. Car si éveiller les gens est notre premier devoir, il convient d’organiser les structures, de développer les réseaux, pour leur permettre de se rassembler, au sein d’une communauté. Faute de cela, nous serons en présence de personnes éveillées, profondément identitaires, mais inefficaces, puisque seules et finalement frustrées par leur inactivité ou leur impuissance.
Si chacun, à son niveau, à son échelle, réalise combien ces deux devoirs, éveiller et rassembler, sont importants, alors oui, l’espoir restera vivace. La mouvance identitaire, et en particulier les Jeunesses Identitaires, ont toujours voulu des militants pas des robots, des hommes libres pas des machines. Quels que soient les coups que le système pourra porter aux structures, il restera toujours des hommes. Des hommes conscients de leurs devoirs, et qui savent plus que tout autre que “tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire et surtout la grande armée des gens d’autant plus sévères qu’ils ne font rien du tout.” (1)
Pierre GRAILLARD
(1) Citation de Jules Claretie

