Allongement de la durée légale d’avortement volontaire : auprès des médecins la pilule ne passe pas

Six ans après l’adoption de la loi allongeant le délai légal pour l’avortement volontaire (IVG) de dix à douze semaines en France, l’application de la législation semble toujours difficile, selon le quotidien “Le Monde” qui a publié une enquête sur ce sujet le 7/12/07.
Par exemple, en Ile-de-France, les avortements volontaires (IVG) de plus de dix semaines se concentrent sur une poignée de sites, les autres praticiens refusant de les pratiquer. “La gestion de la pénurie et le bricolage militant deviennent la règle, analyse Fatima Belal, coordinatrice régionale Ile-de-France du Planning familial. Les dix-douze semaines, seuls les médecins militants acceptent de les faire.”.
En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, également, la situation est difficile. Dans les Alpes-Maritimes, seuls deux hôpitaux, Nice et Grasse, acceptent les avortements volontaires tardifs. Les gros établissements privés de la région ne pratiquent quant à eux presque pas d’avortements volontaires (IVG).
A l’hôpital public de Grasse, le docteur Mauricette Sebaoun a quasiment réalisé à elle seule les 450 avortements volontaires de l’établissement en 2006, la majorité de ses collègues ayant opposé leur clause de conscience. “Dans la région, les médecins sont encore plus réticents qu’ailleurs à pratiquer des IVG, tout le monde fait le strict minimum, explique-t-elle.”.
Partout en France, les médecins opposent souvent la clause de conscience, en particulier pour ne pas pratiquer les avortements volontaires entre dix et douze semaines de grossesse.
Les médecins qui acceptent de faire des avortements volontaires se retrouvent donc en première ligne, confrontés au regard réprobateur de leurs collègues. “Ce n’est pas facile d’être considérée comme une perverse, tout simplement parce qu’on fait son travail et qu’on vérifie soigneusement le produit de l’aspiration”, témoigne ainsi une médecin exerçant en région parisienne.
Pour faciliter l’avortement volontaire, la ministre de la santé Roselyne Bachelot a prévu le principe de rémunérer davantage cet acte, au 1er mars 2008.
Les médecins qui y opposent la clause de conscience vendront-ils leur âme ?
En France il y a eu en 2004, 210.664 avortements volontaires (les statistiques de 2004 sont l’année la plus récente avec des statistiques complètes, ces données sont publiées tardivement). Ce nombre d’avortements volontaires est supérieur au quart des naissances. Et encore il ne s’agit que des avortements volontaires déclarés.
Pendant ce temps il n’y a pratiquement pas d’enfants à adopter en France. Et des couples stériles qui veulent adopter un enfant, en sont réduits à s’engager dans des entreprises d’achat d’enfants sur d’autres continents, voire de kidnapping d’enfants en Afrique comme dans l’affaire de l’Arche de Zoé.
Où est l’erreur ?
**** L’image qui illustre cet article est une échographie en 3 dimensions, à 12 semaines ; l’enfant parait jouer avec son cordon ombilical.
Les images que l’on obtient en vidéo avec les échographies 4D, sont encore plus fabuleuses. Mais ceci ne doit pas inciter à faire pratiquer des films “d’échographies souvenir” non médicales gravées sur DVD (les centres faisant cela se multiplient).
Dans l’échographie médicale le temps d’exposition aux ultra-sons est court et la sonde bouge presque sans arrêt. Malgré tout on n’est pas absolument certain qu’il n’y ait aucun risque pour l’enfant. Mais cet infime risque possible est tout à fait justifié par les avantages importants pour la santé de l’enfant et de la mère.
Dans les “échographies souvenir”, pour faire de beaux films, l’exposition est plus longue et la sonde reste dirigée plus longtemps sur la même zone. Le risque possible est plus fort et n’est pas justifié. D’ailleurs, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé déconseille ces “échographies souvenirs” (même chose au Québec).


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