27.11.2007

Solidarité alsacienne : on tient le cap.

C’était samedi soir, place de la gare à Strasbourg. Nos jeunes militants, toujours fidèles, étaient venus en nombre pour notre distribution de petit salé aux lentilles (excellent, merci Alain).
Un bon coup de rouge, camembert, gâteau et friandises, ça ressemblait à un festin !
Nous n’avions pas encore déballé notre tablée que déjà deux sdf habitués, qui visiblement nous attendaient, étaient parmi nous à refaire le monde. D’autres suivirent tout au long de la soirée, bien contents de nous trouver par ce froid. Les bonnets, écharpes et gants que nous leur donnions étaient bienvenus.
Pendant ce temps, deux de nos camarades partis en maraude essayaient avec beaucoup de difficulté de trouver des places en foyer pour deux malheureux transis. Peine perdue. Ils ne voulaient rien savoir et expliquaient à nos amis qu’ils préféraient rester dans la rue, plutôt
que de se faire brutaliser et détrousser, comme c’est de coutume dans les foyers d’hébergement où le clandestin a autorité pour dicter sa loi.
Vive la France !
Ce n’est pas un fossé, c’est une faille tectonique qui sépare le pays réel du pays légal : quand le MRAP et le Préfet des Bouches du Rhône jettent l’anathème sur nos amis de Solidarité marseillaise qui se proposent, comme nous, d’aider leurs compatriotes, quand des bourgeois pompeux, bornés et pétrifiés par le pognon se piquent de sens moral, cela ne fait que renforcer notre détermination.

Nous avons choisi notre camp et nous en sommes fiers

Chantal Spieler
Solidarité alsacienne

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